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Dessin de Stephff, Bangkok.
© AFP
Le sénat français
Le 23 janvier, le Sénat français doit se prononcer sur une loi qui rendra passible de poursuites la négation du génocide arménien de 1915, ainsi que de tout autre événement reconnu comme
génocide par la loi française. Cette loi a déjà été votée par l'Assemblée Nationale. Mais il serait souhaitable que le Sénat la rejette, au nom de la liberté d'expression, de la liberté
historique ainsi que de l'article 11 de la déclaration des Droits de l'homme et du citoyen de 1789 ("la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de
l'Homme").
La question n'est pas de savoir si les atrocités commises contre les Arméniens à la fin du règne de l'Empire Ottoman ont vraiment été terribles ou si elles imposent un devoir de mémoire en
Turquie et en Europe. Cette question-là ne se pose pas. Oui, ces atrocités ont été horribles et non, personne ne devrait les oublier. La véritable question est plutôt la suivante : doit-on
pénaliser - en France et dans d'autres pays - le fait de remettre en cause le fait que ces événements aient, ou non, constitué un génocide, un terme utilisé en droit international ? Le grand
spécialiste de l'empire ottoman, Bernard Lewis, a par le passé mis en cause ce point précis sans pour autant minimiser les souffrances des Arméniens. Autre question, le Parlement français
a-t-il les moyens et les aptitudes nécessaires pour s'ériger en juge de l'histoire universelle et pour prononcer des sentences sur la conduite passée d'autres pays ? La réponse est évidemment
non.
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