"hélas ces sentiments là vous donnent le vertige "
Article piqué à Gigoulette ...Ma lettre d'amour aux hommes
Monsieur, je vous aime. Mais comme c'est difficile de vous le dire sans que vous ne preniez peur? Comment vous aimer sans vous le dire, sans que vous ne vous sentiez pris au piège ? Et vous avez raison d'avoir peur parce que 99% des intentions derrière l'amour que nous vous déclarons ne sont pas toujours pures!
On vous dit « je t'aime » pour vous posséder, pour satisfaire nos petites envies sensuelles, pour combler notre solitude, pour être mère, pour que nous nous aimions à travers l'amour que vous nous portez. Nous vous aimons pour vos yeux bleus, pour votre argent, pour jouer les infirmières, pour vous sauver, pour nous rendre indispensable, pour prouver à la société que nous sommes "aimable", pour laisser une trace de nous à travers une descendance...et tant d'autres excuses.
Et vous avez 1000 fois raison de vous méfier de nous, cher homme, parce qu'il n'existe dans toutes ces déclarations pas le moindre Amour... Ce ne sont que des contrats maquillés. Mais pardonnez-nous car la plupart du temps, nous n'en sommes jamais vraiment conscientes et nous nous croyons si sincères.
Ne vous a-t-on jamais dit que l'amour se déclinait sur plusieurs niveaux? En général, il commence au sous-sol et finit par le toit. Et plus il part de haut, moins il faut le craindre. Mais les amours qui se vivent "en bas" n'en sont pas moins nécesaires. Le chemin de l'homme passe par tous les étages... L'étreinte sexuelle n'a-t-elle pas inspiré depuis la nuit des temps les plus grands poètes?
Commençons pas la cave. Là où les amants s'attirent physiquement uniquement, là où la rencontre n'est que sexuelle, passes éphémères, domination du territoir sensuel de l'autre. Le sentiment n'y intéresse personne, les valeurs y sont mineures. On se situe dans l'univers du chasseur-cueilleur qui évoluera, en faiblissant cependant, jusqu'au 4ème ou 5ème étage.
Au rez-de-chaussée, vous êtes marié mais votre maîtresse vous dit « tu m'attires, je crois que je t'aime, faisons l'amour. » Elle vous entraîne dans le chantage, les crises de larmes, les week-ends à Venise en cachette. C'est le niveau des vies parallèles, de la jalousie et des mensonges, avec une pointe de romance pour vous charmer et vous distraire.
Au 1er, je t'aime sincèrement mais je te manipule pour te convaincre que tu m'aimes aussi. Je te séduis, je fends mes jupes et fais cligner mes cils. Et puis si tu peux quitter ta femme, c'est encore mieux! De toute façon, je ne vois pas ce que tu lui trouves... Alors vous divorcez pour elle. Avec les bijoux dont vous la couvrez, elle vous tient par les vôtres...
Au second, I love you, oh oui! Mais avant de t'entraîner dans ma chambre à coucher, j'essaie de te connaître, de partager des moments d'amitié avec toi, de savoir si tu aimes aussi le chocolat à la menthe, les randonnées au clair de lune, les pulls qui ne piquent pas et les chiens. Si tu es déjà marié, c'est fâcheux et je vais réfléchir un peu...
L'étage au-dessus, elle vous avait déjà remarqué depuis longtemps mais vous aviez une compagne. Elle vient d'apprendre que vous êtes enfin libre. "Allons dîner veux-tu, j'ai quelque chose à te dire. Et si tu m'aimes aussi, alors engageons-nous! N'est-ce pas la plus belle des choses", vous dit-elle au 3ème ?
Au 4ème, on se plaît, chacun se sent libre, épanoui dans son célibat et heureux de l'être. Et même si vous avez un(e) conjoint(e) officiel(le) vous ne cachez rien à l'autre et l'autre accepte votre liberté et vos écarts, dans le respect de vos besoins et de vos choix. Le jeu est transparent, honnête et clair pour chacun d'entre vous. Sur ce plan, on se croise sur l'oreiller sans attente, sans masque ni calcul. Nos corps se tendent l'un vers l'autre, nos lèvres tremblent du frémissement des coeurs qui battent comme des tambours, notre passion nous dévorent comme un bûcher que seul Dieu a pu allumer. Nous souffrons car vivre à deux est impossible mais cet amour-là est puissant, sensuel et ennivrant. Sur cet étage, nous commençons à nous aimer vraiment. Chacun repart sur son chemin avec de la gratitude et surtout le souhait de voir l'autre capable de vivre heureux au-delà de cette relation.
Vient ensuite le 5ème où la femme vous trouve parce qu'elle vous y a cherché depuis toujours. Elle a cru au grand amour, a renoncé aux étages inférieurs pour mieux se donner à vous, pour préserver son corps et la fraîcheur de ses sentiments, pour se loger dans le creux de votre épaule comme le voilier trouve un port d'attache après de long mois de traversée en haute mer. Elle reconnaît en vous une âme soeur, un compagnon de route dont elle a besoin pour se rendre meilleure. Alors votre union est la rencontre de deux individualités accomplies qui s'unissent pour s'enrichir mutuellement, pour s'inspirer de l'exemple que vous êtes l'un pour l'autre. Un enfant peut naître de cet équilibre presque parfait mais aussi une fondation à but non lucratif, un projet de bien social, un défi relevé à deux, un livre, ou l'adoption d'un orphelin. Vous ne vous aimez pas par vos manques mais pas vos plénitudes respectives. C'est la fusion totale de vos corps et de vos esprits complices. Vous vous aimez sans vous envahir, vous vous caressez sans vous posséder. Ici, les femmes ne cherchent plus à se valoriser à travers vous mais l'harmonie de votre couple vous met mutuellement en valeur.
Enfin, vous arrivez sur le toit. Vous savez, juste au-dessous des étoiles? Les femmes qui s'y promènent sont beaucoup plus rares. D'ailleurs, elles sont discrètes et peu de monde les voit. C'est sur le toit, cher homme, que l'on vous aime absolument. Là, une femme peut vous chérir sans vous toucher, sans vous séduire, sans chercher à vous garder ni à vous changer. C'est sur les toits qu'ont lieu les mariages des âmes. Une femme vous aime pour la patine attendrissante que le temps a laissé sur votre visage; pour l'histoire de vos rides et les sillons creusés par vos peines, vos combats et vos joies. Là, elle vous adore sans condition, d'un appétit non charnelle, d'une énergie libérée de sa dimension physique et matérielle, d'une tendresse presque angélique. Elle vous aime et vous admire pour le nombre de fois où vous vous êtes relevé après une chute, pour avoir pleuré sans vous cacher, pour n'avoir jamais nié vos valeurs ni votre loyauté à vous-même et aux autres. C'est de l'amour dont chacune des lettres est un vase rempli d'eau pure.
Alors à ce niveau-là, Monsieur, quand une amie vous dit « je t'aime», ne cherchez pas à fuir, à lui dire qu'il y a un « malentendu » et que vous ne pouvez pas répondre à ses attentes. Car elle n'a aucune attente. Acceptez simplement d'être aimé sans retour. Pour rien. D'être embrassé par son feu intérieur plus que par ses lèvres. C'est une amitié sublimée. Hélas, ces sentiments-là vous donnent le vertige et trop souvent préférez-vous redescendre aux étages inférieurs; là où vous n'êtes pas mis au défi de rester à la hauteur...
Comprenez que plus vous monterez dans l'idéal amoureux, plus vous goûterez aux amours désintéressés. Tout comme cette femme sur le toit, vous vous sentirez souvent seul mais la recherche de l'amour vrai est comme une ascension: plus vous prenez de l'altitude, moins vous croiserez de monde.
Un cher ami m'a fait dernièrement le plus beau des cadeaux en m'écrivant ceci:
« Je n'ai pas peur de recevoir ton amour ». Ma peau n'a jamais touché la sienne. Neuf mots qui ont ouvert une porte de prison en moi. Car à chaque amour refusé, c'est un barreau de plus qui se dresse dans notre vie. C'est un volet qui se ferme. Et cet ami a eu la finesse de comprendre que, dans certains cas, les plus grands sentiments doivent parfois changer de plans pour s'exprimer. Les accepter, c'est laisser circuler une très belle énergie. C'est comme clarifier l'air d'une pièce fermée depuis longtemps. C'est admettre qu'au-delà du contact des corps, triomphe l'essentiel.
Mais quelqu'un m'a dit qu'il existait encore un niveau au-dessus du toit... Mais de celui-là, je ne peux en parler. Je n'y ai encore jamais
Monsieur, je vous aime. Mais comme c'est difficile de vous le dire sans que vous ne preniez peur? Comment vous aimer sans vous le dire, sans que vous ne vous sentiez pris au piège ? Et vous avez raison d'avoir peur parce que 99% des intentions derrière l'amour que nous vous déclarons ne sont pas toujours pures!
On vous dit « je t'aime » pour vous posséder, pour satisfaire nos petites envies sensuelles, pour combler notre solitude, pour être mère, pour que nous nous aimions à travers l'amour que vous nous portez. Nous vous aimons pour vos yeux bleus, pour votre argent, pour jouer les infirmières, pour vous sauver, pour nous rendre indispensable, pour prouver à la société que nous sommes "aimable", pour laisser une trace de nous à travers une descendance...et tant d'autres excuses.
Et vous avez 1000 fois raison de vous méfier de nous, cher homme, parce qu'il n'existe dans toutes ces déclarations pas le moindre Amour... Ce ne sont que des contrats maquillés. Mais pardonnez-nous car la plupart du temps, nous n'en sommes jamais vraiment conscientes et nous nous croyons si sincères.
Ne vous a-t-on jamais dit que l'amour se déclinait sur plusieurs niveaux? En général, il commence au sous-sol et finit par le toit. Et plus il part de haut, moins il faut le craindre. Mais les amours qui se vivent "en bas" n'en sont pas moins nécesaires. Le chemin de l'homme passe par tous les étages... L'étreinte sexuelle n'a-t-elle pas inspiré depuis la nuit des temps les plus grands poètes?
Commençons pas la cave. Là où les amants s'attirent physiquement uniquement, là où la rencontre n'est que sexuelle, passes éphémères, domination du territoir sensuel de l'autre. Le sentiment n'y intéresse personne, les valeurs y sont mineures. On se situe dans l'univers du chasseur-cueilleur qui évoluera, en faiblissant cependant, jusqu'au 4ème ou 5ème étage.
Au rez-de-chaussée, vous êtes marié mais votre maîtresse vous dit « tu m'attires, je crois que je t'aime, faisons l'amour. » Elle vous entraîne dans le chantage, les crises de larmes, les week-ends à Venise en cachette. C'est le niveau des vies parallèles, de la jalousie et des mensonges, avec une pointe de romance pour vous charmer et vous distraire.
Au 1er, je t'aime sincèrement mais je te manipule pour te convaincre que tu m'aimes aussi. Je te séduis, je fends mes jupes et fais cligner mes cils. Et puis si tu peux quitter ta femme, c'est encore mieux! De toute façon, je ne vois pas ce que tu lui trouves... Alors vous divorcez pour elle. Avec les bijoux dont vous la couvrez, elle vous tient par les vôtres...
Au second, I love you, oh oui! Mais avant de t'entraîner dans ma chambre à coucher, j'essaie de te connaître, de partager des moments d'amitié avec toi, de savoir si tu aimes aussi le chocolat à la menthe, les randonnées au clair de lune, les pulls qui ne piquent pas et les chiens. Si tu es déjà marié, c'est fâcheux et je vais réfléchir un peu...
L'étage au-dessus, elle vous avait déjà remarqué depuis longtemps mais vous aviez une compagne. Elle vient d'apprendre que vous êtes enfin libre. "Allons dîner veux-tu, j'ai quelque chose à te dire. Et si tu m'aimes aussi, alors engageons-nous! N'est-ce pas la plus belle des choses", vous dit-elle au 3ème ?
Au 4ème, on se plaît, chacun se sent libre, épanoui dans son célibat et heureux de l'être. Et même si vous avez un(e) conjoint(e) officiel(le) vous ne cachez rien à l'autre et l'autre accepte votre liberté et vos écarts, dans le respect de vos besoins et de vos choix. Le jeu est transparent, honnête et clair pour chacun d'entre vous. Sur ce plan, on se croise sur l'oreiller sans attente, sans masque ni calcul. Nos corps se tendent l'un vers l'autre, nos lèvres tremblent du frémissement des coeurs qui battent comme des tambours, notre passion nous dévorent comme un bûcher que seul Dieu a pu allumer. Nous souffrons car vivre à deux est impossible mais cet amour-là est puissant, sensuel et ennivrant. Sur cet étage, nous commençons à nous aimer vraiment. Chacun repart sur son chemin avec de la gratitude et surtout le souhait de voir l'autre capable de vivre heureux au-delà de cette relation.
Vient ensuite le 5ème où la femme vous trouve parce qu'elle vous y a cherché depuis toujours. Elle a cru au grand amour, a renoncé aux étages inférieurs pour mieux se donner à vous, pour préserver son corps et la fraîcheur de ses sentiments, pour se loger dans le creux de votre épaule comme le voilier trouve un port d'attache après de long mois de traversée en haute mer. Elle reconnaît en vous une âme soeur, un compagnon de route dont elle a besoin pour se rendre meilleure. Alors votre union est la rencontre de deux individualités accomplies qui s'unissent pour s'enrichir mutuellement, pour s'inspirer de l'exemple que vous êtes l'un pour l'autre. Un enfant peut naître de cet équilibre presque parfait mais aussi une fondation à but non lucratif, un projet de bien social, un défi relevé à deux, un livre, ou l'adoption d'un orphelin. Vous ne vous aimez pas par vos manques mais pas vos plénitudes respectives. C'est la fusion totale de vos corps et de vos esprits complices. Vous vous aimez sans vous envahir, vous vous caressez sans vous posséder. Ici, les femmes ne cherchent plus à se valoriser à travers vous mais l'harmonie de votre couple vous met mutuellement en valeur.
Enfin, vous arrivez sur le toit. Vous savez, juste au-dessous des étoiles? Les femmes qui s'y promènent sont beaucoup plus rares. D'ailleurs, elles sont discrètes et peu de monde les voit. C'est sur le toit, cher homme, que l'on vous aime absolument. Là, une femme peut vous chérir sans vous toucher, sans vous séduire, sans chercher à vous garder ni à vous changer. C'est sur les toits qu'ont lieu les mariages des âmes. Une femme vous aime pour la patine attendrissante que le temps a laissé sur votre visage; pour l'histoire de vos rides et les sillons creusés par vos peines, vos combats et vos joies. Là, elle vous adore sans condition, d'un appétit non charnelle, d'une énergie libérée de sa dimension physique et matérielle, d'une tendresse presque angélique. Elle vous aime et vous admire pour le nombre de fois où vous vous êtes relevé après une chute, pour avoir pleuré sans vous cacher, pour n'avoir jamais nié vos valeurs ni votre loyauté à vous-même et aux autres. C'est de l'amour dont chacune des lettres est un vase rempli d'eau pure.
Alors à ce niveau-là, Monsieur, quand une amie vous dit « je t'aime», ne cherchez pas à fuir, à lui dire qu'il y a un « malentendu » et que vous ne pouvez pas répondre à ses attentes. Car elle n'a aucune attente. Acceptez simplement d'être aimé sans retour. Pour rien. D'être embrassé par son feu intérieur plus que par ses lèvres. C'est une amitié sublimée. Hélas, ces sentiments-là vous donnent le vertige et trop souvent préférez-vous redescendre aux étages inférieurs; là où vous n'êtes pas mis au défi de rester à la hauteur...
Comprenez que plus vous monterez dans l'idéal amoureux, plus vous goûterez aux amours désintéressés. Tout comme cette femme sur le toit, vous vous sentirez souvent seul mais la recherche de l'amour vrai est comme une ascension: plus vous prenez de l'altitude, moins vous croiserez de monde.
Un cher ami m'a fait dernièrement le plus beau des cadeaux en m'écrivant ceci:
« Je n'ai pas peur de recevoir ton amour ». Ma peau n'a jamais touché la sienne. Neuf mots qui ont ouvert une porte de prison en moi. Car à chaque amour refusé, c'est un barreau de plus qui se dresse dans notre vie. C'est un volet qui se ferme. Et cet ami a eu la finesse de comprendre que, dans certains cas, les plus grands sentiments doivent parfois changer de plans pour s'exprimer. Les accepter, c'est laisser circuler une très belle énergie. C'est comme clarifier l'air d'une pièce fermée depuis longtemps. C'est admettre qu'au-delà du contact des corps, triomphe l'essentiel.
Mais quelqu'un m'a dit qu'il existait encore un niveau au-dessus du toit... Mais de celui-là, je ne peux en parler. Je n'y ai encore jamais
Publicité